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Les changements climatiques et l’évolution nécessaire du rôle de nos membres

Près de 900 feux de forêt sont actuellement actifs à travers le Canada. Ils s’étendent pratiquement de l’océan Arctique au lac Supérieur, en passant par les Territoires du Nord-Ouest, le nord de la Saskatchewan et du Manitoba, jusqu’au nord de l’Ontario, à l’intérieur de la Colombie-Britannique, ainsi que dans le nord du Québec, pour atteindre les côtes du Labrador : les flammes ravagent le Canada. La fumée dégagée par ces incendies fait l’objet d’une couverture médiatique internationale, car elle est à l’origine d’une qualité de l’air parmi les plus mauvaises au monde. 

Cette histoire nous est désormais bien trop familière. Mais elle est aussi profondément personnelle. 

Il ne s’agit pas seulement des forêts qui subissent les effets des changements climatiques ni des répercussions de ces changements sur la géopolitique. Si les catastrophes naturelles font la une des journaux, leurs conséquences se font sentir bien près de chez nous. Elles bouleversent des vies, détruisent des collectivités et laissent des marques durables sur notre société et nos quartiers. 

Je me souviens avoir accueilli chez nous des personnes évacuées lorsque nous vivions à Kelowna, en Colombie-Britannique, lors de deux grands feux de forêt. De 2004 à 2010, nous avons reçu plusieurs alertes d’évacuation dans notre quartier et avons dû emballer nos biens les plus précieux et nous tenir prêts à fuir à tout moment. Nous avons assisté, impuissants, depuis l’autre rive du lac Okanagan, à la progression d’un feu qui dévalait la montagne en direction de la maison dans laquelle nous avions prévu d’emménager plus tard ce mois-là. 

Les changements climatiques ne sont pas une histoire lointaine que nous voyons seulement aux nouvelles. C’est une réalité quotidienne qu’il est désormais impossible d’ignorer. 

Lors de mes échanges avec des membres de l’ACI à travers le pays, j’ai pu constater que de plus en plus de clients s’informent sur les risques d’inondation et de feux de forêt. Parallèlement, de plus en plus de propriétaires doivent faire face à la hausse des coûts d’assurance et, dans certains cas, au risque de ne plus pouvoir souscrire de couverture d’assurance. Selon les estimations de l’Institut climatique du Canada, d’ici 2030, 750 000 nouvelles propriétés pourraient être construites dans des zones à haut risque d’inondations et de feux de forêt. Alors que les risques liés au climat pèsent de plus en plus dans les décisions immobilières, nos membres aident de plus en plus les acheteurs et les vendeurs à comprendre les facteurs susceptibles d’influencer la valeur à long terme, la résilience et l’assurabilité des propriétés. Les propriétaires dans ces zones sont confrontés à des défis croissants, tels que les dommages matériels, l’augmentation des coûts d’entretien, ainsi que les répercussions potentielles sur la valeur de leur propriété et l’accès à une assurance abordable, même pour certains dont la propriété n’a jamais été directement touchée. 

Ces difficultés influencent progressivement la façon dont les Canadiens envisagent l’achat, la vente et la possession d’une propriété. Ces décisions ont toujours représenté bien plus qu’une simple transaction. Il s’agit de l’endroit où les familles s’installent, où les collectivités se développent et où des générations construisent leur vie. Désormais, ces décisions impliquent de tenir compte des changements climatiques. Il faut se demander si la résidence familiale se trouve dans une zone inondable, à proximité de zones où des feux de forêt se sont déjà produits ou si elle est mal équipée pour résister à la prochaine grosse tempête de grêle. Nos membres comptent souvent parmi les premiers professionnels vers lesquels les Canadiens se tournent lorsqu’ils doivent prendre ces importantes décisions. À mesure que les besoins des Canadiens évoluent, le rôle de nos membres évolue lui aussi. Aujourd’hui, ce rôle consiste notamment à aider les clients à s’adapter à un climat en mutation et à relever les défis qui en découlent. 

Dans le but d’aider nos membres à s’adapter à ces nouvelles conversations, nous avons créé l’Écocertification canadienne en immobilier (ECI), en 2025. Ce programme fournit à nos membres des connaissances pratiques et des outils adaptés au contexte canadien, dont ils pourront se servir pour aborder des sujets tels que la résilience climatique, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les risques environnementaux et le logement durable. Dans les collectivités où les risques climatiques représentent un défi croissant, nos membres aident leurs clients à tenir compte des aspects climatiques dans leurs décisions. Ils peuvent notamment leur montrer des cartes locales des zones inondables, leur indiquer les caractéristiques qui rendent les propriétés résilientes face aux feux de forêt dans les zones à haut risque, ou discuter des répercussions que ces dangers récurrents peuvent avoir sur l’assurance, les coûts d’entretien et la valeur de la propriété. Alors que les risques climatiques constituent désormais un aspect important de l'expérience des propriétaires, l’ACI s’engage à fournir à ses membres les ressources dont ils ont besoin pour accompagner les familles à chaque étape de cette expérience. 

L’avenir du logement nécessitera une collaboration entre les gouvernements, le secteur privé, les collectivités et les professionnels du logement afin de garantir que nous protégeons au mieux nos collectivités et nos logements. En tant que professionnels auxquels les Canadiens se fient, nos membres auront toujours une fonction importante. 

Grâce aux connaissances et aux outils supplémentaires que nous leur fournissons pour les aider à comprendre l’évolution du secteur du logement, nos membres peuvent aider les Canadiens à prendre des décisions éclairées et contribuer à la création de logements sécuritaires et résilients pour les générations à venir. 

Janice Myers

Janice Myers est une leader au sein du secteur immobilier canadien et possède plus de 20 années d’expérience en gouvernance, en développement de programmes, en collectes de fonds et en recrutement de membres. Avant son entrée en poste comme chef de la direction de L’Association canadienne de l’immobilier en janvier 2024, Janice était chef de la direction de l’Ottawa Real Estate Board et directrice générale de l’Okanagan Mainline Real Estate Board. Janice s’engage à faire avancer les efforts de défense des intérêts de l’ACI à l’échelle fédérale, à fournir aux courtiers et agents immobiliers la technologie et les outils dont ils ont besoin pour réussir et à assurer la réussite continue de REALTOR.ca. Son dévouement à des causes plus larges se reflète dans son rôle actuel de vice-présidente de Protection mondiale des animaux Canada.

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